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Les Magritte du Cinéma
14e édition - 22 février 2025

10 février 2025 - 11:41:12

Focus sur... les courts métrages

Huit films sont en lice pour les prix du Meilleur court métrage de fiction et du Meilleur court métrage d’animation, illustrant avec brio et vivacité toute la créativité du cinéma belge, qui s’épanouit tout particulièrement dans le format court
Assoiffé de Lisa Sallustio est une vraie bulle d’air, ou plutôt d’eau, un conte écologique burlesque et engagé, autour d’une bataille de l’eau qui va prendre des dimensions épiques, s’autorisant toutes les audaces stylistiques. Hyper graphique, le film débute dans un bureau aveugle où deux protagonistes s’affrontent autour d’une fontaine d’eau, avant d’être rejoints, ou envahis par une horde d’assoiffé·es qui entrainent le conflit par-delà les murs, dans une vaste plaine où s’épanche toute la folie démesurée de l’humanité.
Assoiffé, dévoilé en avant-première l’année dernière au prestigieux Festival de Clermont-Ferrand, est produit par Pierre Foulon pour Kozak Films.

Baisse les yeux de Marie Chauderlot aborde un moment clé de la vie estudiantine belge, celui du baptême. On y suit Charlotte, jeune fille toute absorbée par les dynamiques de pouvoir et de domination qui se déploient dans les baptêmes, jusqu’à ce qu’un évènement particulier chamboule ses convictions. Le film questionne l’effet de bande, et la façon dont des groupes dominés peuvent reproduire le même type d’engrenage plutôt que de les contester.
Baisse les yeux est produit par Vincent Terlinchamp pour Médiadiffusion - IAD.

Avec Eldorado, Mathieu Volpe poursuit son exploration de la question de l’exil, abordée notamment dans son film dans Une jeunesse italienne, qui était nominé l’année dernière pour le Magritte du Meilleur documentaire. On suit ici la dangereuse traversée des Alpes d’un jeune homme en quête d’une vie meilleure, qu’accompagne une femme qui partage avec lui des origines communes, et surtout, un sens de l’espoir et de la solidarité. Un périple intense face à une nature aussi grandiose qu’elle peut être hostile.
Eldorado est produit par Sebastian Schelenz pour Velvet Films.

Avec Un invincible été, Arnaud Dufeys narre la chaude soirée d’été de Clément, jeune garçon déterminé qui choisit sur une application celui qui lui permettra de perdre sa virginité. Sauf que les sens souvent déroutent la raison, et c’est un apprentissage inattendu qui va s’offrir à Clément, dans ce coming of age tourné en pellicule, condensé d’éducation sensuelle et sentimentale.
Un invincible été, qui a fait sa première l’année dernière au Festival de Berlin est produit par Arnaud Dufeys et Arnaud Ponthière pour Makintosh Films.

Côté animation, on salue le retour de Rémi Durin, qui fait preuve une fois encore de son talent et son expertise pour imaginer en images et en récit des contes animaliers tendres et formateurs. Cette fois-ci, dans Tête en l’air, on suit l’histoire d’Alphonse, un petit écureuil à la tête résolument dans les nuages.
Il s’agit de la cinquième nomination dans cette catégorie pour Rémi Durin, également nominé en 2023 pour le Magritte du Meilleur premier film pour le long métrage d’animation Yuku et la Fleur d’Himalaya, et toujours produit par Arnaud Demuynck pour La Boîte,…

Avec En mille pétales, Louise Bongartz surprend en déclinant un récit tout de bois et de tissu. Une jeune mariée y rassemble ses souvenirs, égrenés comme une fleur, mémoire de celui qui l’aime un peu, beaucoup, passionnément. Ou pas du tout. Un film en stop-motion sur l’amour et sa perte, où les pensées défilent comme une rumination, dans un cercle vicieux d’abandon de soi.
En mille pétales est produit par Bastien Martin pour Camera-etc.

« Ma mère est une conteuse », confie la narratrice de Christel Hortz dans Les Oiseaux, film poème tout en lignes, en fils et en plumes, adressé à cette mère plurielle dont la mémoire s’étiole. Une ode tissée de l’amour inconditionnel d’une fille pour sa mère, à travers le temps et les blessures, et qui vient palier la présence au monde d’une mère abîmée par la maladie.
Les Oiseaux est également produit par Bastien Martin pour Camera-etc.

Last but not least, Muscle masqué dans: ferraille pagaille de Nicolas Gemoets propose une relecture aussi malicieuse qu’explosive du mythe de Superman, avec ce comics made in Belgium qui imagine une Sanipolis où la justice est rendue par un super-héros gentiment maniaque et affublé de tocs, au top sur l’hygiène mais peu moins sur la confiance en soi, qui aime peut-être un tout petit trop l’ordre, quitte à semer à son tour le désordre.
Muscle masqué dans: ferraille pagaille est produit par Vincent Gilot pour l’ENSAV - Atelier de production de La Cambre.